ANNALES DE L’UNIVERSITE DE BANGUI
vasculaire de la rétine grâce à un moyen non
artérioveineuses, le stade III en présence des
néovaisseaux rétiniens ayant l’aspect caractéristique
d’éventail de mer "Sean fan", le stade IV est marqué
par de l’hémorragie intra-vitréenne et le stade V est
caractérisé par le décollement tractionnel de la
rétine. Les stades I et II sont ceux de la forme non
proliférante. Aux stades III à V la rétinopathie
drépanocytaire est dite proliférante. La classification
Reese Ellsworth [10] a été utilisé pour les cas de
rétinoblastome. On lui distingue 05 groupes. Le
groupe I correspond à la présence d’une tumeur
unique mesurant moins de 4 diamètres papillaires.
Le groupe II correspond à des tumeurs multiples ou
unique mesurant 4 à 10 diamètres papillaires. Le
groupe III est réservé aux tumeurs volumineuses
mesurant plus de 10 diamètres papillaires. Le groupe
V, subdivisé en 02 sous-groupes dont le Va, lorsque
la tumeur occupe la moitié de la rétine et le Vb, en
présence d’essaimage vitréen. Les tumeurs des
groupes I à II sont de bon pronostic. Ceux du groupe
III sont de pronostic réservé. Le pronostic est
défavorable pour les tumeurs des groupes IV et V
[10].
invasif[1-3]. Ceci confère à l’examen du FO une
grande importance diagnostique et pronostique de
nombreuses affections systémiques (hypertension
artérielle,
drépanocytose)
diabète,
et
VIH/SIDA,
oculaires (rétinoblastome,
leucémie,
rétinopathie des prématurés, uvéites postérieures,
glaucome [1].
En 2010 aux USA, des auteurs ont observé des
anomalies au fond d’œil de 45% des patients
souffrants de maladie rénale chronique [4]. Au
Maroc en 2014, seul l’aspect du fond d’œil a permis
de poser le diagnostic d’un cas ataxie spino-
cérébelleuse de type 7 [5]. Au Burkina Faso en 2015,
le fond d’œil a été anormal chez 36,23% des patients
[6]. En Algérie en 2019, le fond d’œil a été utile dans
le suivi des patients hypertendus [7]. En
Centrafrique, de 2012 à 2014, 88 cas de rétinopathie
des prématurés ont été dépisté grâce au FO [8].
L’absence des données au sujet des autres anomalies
du fond d’œil, a conduit à la réalisation de la présente
étude. L’objectif de cette étude était de décrire les
aspects épidémiologiques et cliniques des enfants
suivis pour un examen du FO, rappeler l'intérêt de
cet examen et contribuer à la prise en charge
multidisciplinaire des affections systémiques des
enfants.
Les données recueillies sur une fiche d’enquête
préétabli ont été analysées avec le Logiciel Epi-Info
version 7.0.
RESULTATS
Au cours de la période d’étude, nous avons
enregistré 8760 consultations en ophtalmologie pour
lesquelles nous avons réalisé le FO chez 985 patients
dont 125 étaient des enfants. La fréquence de la
pratique hospitalière du FO chez les enfants était de
12,69%. Parmi les 125 FO réalisés chez les enfants,
97, soit 77,60% étaient anormaux. Nous avions
retenu les 97 FO anormaux comme base d’analyse.
Les filles étaient les plus représentées, 62 (63,92%),
contre 35 garçons (36,08%). Le sex-ratio était de
0,56. L’âge moyen des enfants était de 6,08 ± 2,1 ans
(extrêmes : 6 mois et 15 ans). La tranche d’âge de 0
à 5 ans représentait 38,14% (n=34) (tableau I).
PATIENTS ET METHODES
Nous avons réalisé une étude transversale avec
collecte prospective des données. L’étude avait porté
sur les enfant suivis dans le service pour FO au
service d’ophtalmologie du CNHUB couvrant la
période du 1er Janvier 2022 au 31 Décembre 2022.
Ont été inclus dans l’étude les enfants âgés de 0 à 15
ans, chez qui le FO a été réalisé pendant la période
de l’étude. Le consentement parental était obtenu
avant la réalisation du FO.
Les matériels utilisés pour le fond d’œil ont consisté,
soit un ophtalmoscope de marque HEINE K180 pour
les enfants âgés de moins de 10 ans, soit une lentille
asphérique de VOLK de 90 dioptries pour les enfants
d’au moins 10 ans. La mydriase a été obtenue par
l’instillation de tropicamide 0,5% collyre, administré
à trois reprises toutes les 15 mn, pendant 45 mn avant
l’examen dans chaque œil.
Les variables étudiées étaient : l’âge, le sexe, la
provenance de l’enfant ; l’indication du FO. La
rétinopathie drépanocytaire était évoquée en
présence de tortuosités vasculaires, de néo-
vaisseaux, d’hémorragie du vitré et du décollement
tractionnel de la rétine. Le rétinoblastome était
retenu devant un décollement bulleux de la rétine
associé ou non à un essaimage du vitré. Le glaucome
primitif juvénile était caractérisé par une excavation
papillaire ou une atrophie de la papille.
Tableau I : Répartition selon les tranches d’âge.
Âge (en année)
0 à 5
6 à 10
11 à 15
Total
Effectif Pourcentage
34
27
36
97
35,05
27,84
37,11
100,00
Les enfants référés représentaient 79,13%. Parmi les
enfants référés, 50,72% étaient venus du service
d’hématologie et 46,38% du Complexe Hospitalier
et Universitaire Pédiatrique de Bangui (Tableau II).
Nous avons utilisé la classification de Goldberg [9]
pour la rétinopathie drépanocytaire. Elle classe la
rétinopathie drépanocytaire en 05 stades. Le stade I
correspond à l’occlusion artériolaires périphériques,
le
stade
II
est
celui
des
anastomoses
Série D, VOL 10, N°002/Août 2024 - 5